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« Anaon » sur Prime Video. Le fantastique et la mythologie bretonne au service d’un drame familial... |
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Inspirée de « Stranger Things », « Anaon » est la nouvelle série ambitieuse de Prime Video et France Télévisions. © © Rebecca Vaughan Cosquéric - France Télévisions - Tetra Media Fiction
Guillaume Labbé et Capucine Malarre crèvent l’écran en formant un duo père-fille en deuil qui va faire face à un élément surnaturel issu de la mythologie bretonne. Entre « Vortex » et « Stranger Things », la série ambitieuse réalisée par David Hourrègue dépoussière le genre et surprend sur tous les tableaux.
Un drame familial, un soupçon d’horreur, un polar fantastique… Difficile de décrire Anaon , la série imaginée par Bastien Dartois (Panda). Un projet à l’origine destiné à Disney+, avant qu’il ne trouve deux diffuseurs de taille : la plateforme de streaming Prime Video, dès ce vendredi 4 avril, puis France 2  prochainement.
L’idée de départ ? Rendre hommage au cinéma des productions Amblin des années 1980 (E.T, Les Goonies…) en piochant dans les mythes bretons peu connus. Anaon est au final à la croisée des mondes entre un thriller entre adultes et une histoire fantastique vécue par des adolescents.
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Un drame familial lié à l’histoire de la Bretagne
Le tout, sur fond de deuil vécu par le gendarme Max (Guillaume Labbé) et sa fille Wendie (Capucine Malarre). Un mois après le décès de sa femme, Max enquête sur la disparition mystérieuse d’une adolescente. Dans le même temps, Wendie et ses amis vont se retrouver confrontés à des phénomènes inexpliqués et à une créature terrifiante…
Une bête, tirée de la légende du bugul noz, le berger de la nuit. Sorte de croquemitaine, que les parents utilisaient en Bretagne centrale dès le XVIIe siècle comme menace face aux enfants turbulents. Quant à « Anaon », le mot désigne l’autre monde, celui où se retrouvent les âmes des défunts.
Malgré sa noirceur apparente, Anaon reste un programme familial, fait pour réunir les générations. « Le sous texte de cette intrigue, c’est surtout la relation entre ce père et sa fille, qui doivent réapprendre à dialoguer sans leur « glu » depuis leur deuil. C’est la question de la reconstruction », nous glissent les producteurs Antoine Szymalka et Alexandre Boyer.
Une vision partagée par le réalisateur David Hourrègue, qui retrouve après Rivages son acteur fétiche Guillaume Labbé et ces histoires ancrées dans le terroir. « Je souhaitais parler d’une vie plus rurale. Ces endroits où tout le monde se connaît et où la rumeur se répand vite », explique le réalisateur.
La météo bretonne capricieuse de l’été 2024 aura rajouté un soupçon de noirceur à ce récit dont les inspirations se multiplient. On trouve chez Anaon du Guillermo del Toro et du Alien pour le design de la créature, un peu de Ça de Stephen King pour l’horreur, du X-Files pour la gestion du mélange entre l’enquête policière et le surnaturel.
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Une série pour réunir la famille
Et, surtout, beaucoup de Stranger Things, la série fantastique phare de Netflix que le réalisateur a découvert avec son fils. « J’ai adoré cet aspect transgénérationnel, poursuit David Hourrègue, passionné par Les contes fantastiques de Guy de Maupassant. J’ai alors souhaité raconter le fantastique de nos jours, pour que les gens se remettent à croire au merveilleux. »
Et ça fonctionne. Le spectateur frissonne, sursaute parfois, mais se prend surtout d’affection pour ce trio d’adolescents et cette difficile relation père-fille. Un choc des générations, appuyé par des éléments fantastiques mis au service de l’aspect psychologique des personnages. « Cette créature peut aussi représenter l’incarnation du deuil ou de la tristesse qu’on n’ose pas affronter, c’est une double lecture », ajoute Guillaume Labbé (Je te promets). « Tout au long du tournage, j’ai pensé à un proverbe chinois qui dit que tous les démons que tu n’arrives pas à vaincre, tu les transmets à tes enfants », abonde David Hourrègue.
L’ensemble donne un mélange des genres palpitant, qu’on avait déjà vu par petites touches dans Vortex , avec Tomer Sisley, dont le succès a visiblement facilité le lancement de projets fantastiques plus audacieux. Une ambition visible dans chaque plan d’Anaon, qui, en sus, délivre un récit féministe malgré lui.
Car, si Guillaume Labbé est la tête d’affiche du programme, la jeune Capucine Malarre crève l’écran en apprentie druidesse qui découvre que ce sont peut-être bien les femmes qui ont le pouvoir de sauver le monde…
Six épisodes, sur Prime Video.