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« 37 secondes » sur Arte. Le naufrage du Bugaled Breizh raconté en série... |
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Le port du Guilvinec est le principal lieu de tournage de la série 37 secondes, ici les acteurs Mathieu Demy et Nina Meurisse. © Nicolas Rocou
Arte diffuse la série « 37 secondes », sur le naufrage du chalutier breton le Bugaled Breizh le 15 janvier 2004. Pas évident de mêler réalité et fiction dans cette série pourtant portée avec brio par Nina Meurisse.
Il a coulé en 37 secondes. C’était le 15 janvier 2004, au large des côtes anglaises. Le Bugaled Breizh, un chalutier de Loctudy, avec ses cinq hommes à bord, sombrait soudainement, de manière inexpliquée. À terre, pour les familles, dans la communauté des pêcheurs, c’est le choc. Après la douleur, c’est l’incompréhension. Et la question qui va hanter durant de longues années, tout un pays, encore aujourd’hui : comment a-t-il pu couler aussi rapidement ? Le jour du naufrage, des sous-marins de l’Otan étaient en exercice. Alors, s’agit-il d’un sous-marin qui aurait entraîné par le fond le bateau, et si oui, lequel ?
En six épisodes de près d’une heure chacun, la série 37 secondes reprend le fil de l’enquête judiciaire et la bataille des familles pour obtenir la vérité. Anne Landois et Sophie Kovess-Brun, les deux scénaristes ont bien travaillé le sujet, fait des recherches, écouté les acteurs, les vrais, qui ont vécu ce drame de près. Un gros travail documentaire pour une fiction « librement inspirée de l’affaire ».
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Une fiction parfois trop loin de la réalité
Et il est bon de le préciser. Si les scénaristes sont au plus près de la réalité, elles s’en éloignent volontairement pour la fiction, comme lorsqu’elles créent la romance entre l’avocat des familles, joué brillamment par Mathieu Demy et la belle-sœur d’une victime, excellente Nina Meurisse. Au passage, on pense aussi à l’armateur qui en prend plein son grade.
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Les avis divergeront peut-être géographiquement. À bâbord, les gens du coin, du Pays bigouden, n’apprendront pas grand-chose de ces acteurs qui n’ont même pas l’accent, mais regarderont tout de même jusqu’au bout, car c’est leur histoire, leur pays. À tribord, les autres verront une série bien articulée, chargée émotionnellement, d’un très bon niveau, avec un très beau travail à la caméra de la réalisatrice Laure de Butler.
Sur Arte , 20 h 55. Et sur la plateforme arte.tv.