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Transports publics : coup de frein sur les dépenses1 |
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Jean-François Soulard, vice-président (PC) de Le Mans Métropole et président de la Setram, près des vélos qui seront mis en location à partir de mi-janvier. Fourche et cadre sont peints couleur orange tram. Le logo de la Setram s'affiche sur fond mauve, autour de la roue arrière.
A l'unanimité, les élus de Le Mans Métropole ont redonné le feu vert à la Setram pour piloter le réseau de transports de l'agglomération. Avec un mot d'ordre : faire des économies.
C'est reparti pour sept ans. Vendredi, les élus de Le Mans Métropole ont voté à l'unanimité le renouvellement de la délégation de service public à la Setram, société chargée des transports publics de l'agglomération.
Le très bref débat a porté sur la baisse de la contribution de la collectivité, qui doit s'amincir de 6,6 % d'ici à 2016, pour atteindre une moyenne de 27 millions d'euros par an. Dans le même temps, la Setram s'engage à réaliser une économie de 7,5 millions d'euros. Comment ? En augmentant le nombre de voyageurs et le prix du billet, tout en réduisant les effectifs (31 équivalents temps plein) et le nombre de bus.
« Sur le dos de qui ? »
« La philosophie de cette délégation est de faire des économies. Mais sur le dos de qui ? », s'interroge Anne Beauchef, au nom du groupe d'opposition. L'élue UMP du Mans estime que la politique tarifaire pénalise les salariés. Tableaux comparatifs à l'appui, Jean-Claude Boulard, président PS de Le Mans Métropole, assure que les tarifs manceaux restent inférieurs à des agglomérations de même taille, du type Caen, Nancy, Rouen ou Orléans, notamment pour les scolaires, les étudiants ou les chômeurs.
Autre inquiétude d'Anne Beauchef : la qualité de la desserte dans certains quartiers moins denses. « La Setram dit qu'elle va maintenir le nombre de kilomètres, tout en renforçant les grandes lignes. Ça signifie donc que de petites lignes seront délaissées. On ne touche pas à la vitrine, le tram, mais derrière, on va réduire les horaires ou le trafic du dimanche sur certaines zones. Votre logique est économique et s'éloigne de celle du service public. »
Bus vides
Réponse de Jean-Claude Boulard : « La baisse de la contribution est signe du succès commercial. L'objectif est de faire en sorte que les contribuables soient moins sollicités. » Les dessertes ? « Le service public n'a pas à être là quand il n'y a personne à transporter. La ligne 18, en moyenne, c'est trois usagers par voyage. La ligne 24, c'est quatre usagers. Beaucoup de gens nous critiquent quand les bus roulent à vide ».
Jérôme LOURDAIS.
150 vélos en location à partir de mi-janvier
Comme nous l'avions annoncé dans nos colonnes, la collectivité lance un service de location de 400 vélos : 300 classiques, 50 avec assistance électrique, 50 pliants, tous rassemblés gare nord.
La location démarre mi-janvier, avec 150 vélos. Le reste sera mis en service courant mars. Les vélos électriques permettent, paraît-il, de grimper l'avenue Leclerc à 19km/h.
Pour donner plus de logique à cette politique écolo, Le Mans Métropole prévoit 140 000 € pour étendre le développement des bandes cyclables et des doubles sens pour les cyclistes.
Prison de Coulaines : pas de ligne directe
Christophe Rouillon, maire de Coulaines, a plaidé pour la création d'une nouvelle ligne reliant la gare du Mans à la prison, en passant par les quais. Arguments ?
La ligne 11, qui permet d'accéder à la prison à partir de la place de l'Éperon, est un « serpentin » qui fera perdre beaucoup de temps aux familles de détenus. Le maire de Coulaines, qui a dû filer en urgence après son intervention, n'a pas entendu la réponse de Jean-Claude Boulard, qui juge trop coûteuse la création d'une nouvelle ligne. Et un poil ambigus les arguments du maire de Coulaines: « Ce n'est pas bien de brandir la prison pour demander une ligne rapide pour Coulaines. » Sachant que les parloirs sont ouverts cinq jours sur sept, de 14 h à 17 h.
Tickets bus et tram : des nouveautés
A partir de 2011, le ticket à l'unité passe à 1,40 €. Et ne devrait plus bouger jusqu'en 2016. En attendant, dès l'an prochain, le ticket famille du samedi après-midi doit s'étendre à toute la journée du samedi, idem le dimanche. Autres coups de pouce : ticket parking-relais à 3 € la journée et création d'un pass liberté, nominatif. Il s'agit d'une carte permanente, où seuls les voyages effectués sont facturés. Le prix du voyage est celui du ticket dix voyages : 1,08 €. Et le débit maximal reste plafonné à 36,10 €, quel que soit le nombre de voyages effectués.
Précision de Jean-Claude Boulard: « Chaque année, on se laisse la possibilité de revoir les tarifs à la hausse ou à la baisse. »
Actuellement, le prix du billet est couvert à 29% par l'usager et à 61% par la collectivité, c'est-à-dire l'ensemble des contribuables.