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Peugeot, en jouant avec le feu, décroche la pole |
Le Mans Series : 1 000 km de Spa (aujourd'hui, 12 h 50). À l'issue d'une séance qualificative
ponctuée par deux drapeaux rouges, Sarrazin a relégué McNish à sept dixièmes.
SPA (de notre envoyé spécial). Depuis que Peugeot est de retour en endurance, jamais le constructeur français n'a laissé le soin à ses adversaires de s'emparer d'une pole position. Dix courses, dix poles. Peugeot possède la voiture la plus rapide du plateau. Ce constat lui offre l'opportunité de jouer avec le feu, même si Peugeot, Bruno Famin songeait à revoir cette tactique « risquée ».
Hier, à Spa, dans une séance marquée par deux interruptions, Stéphane Sarrazin n'est sorti que lors des cinq dernières minutes pour claquer le meilleur temps. Une pole réalisée seulement dans son 2e tour dans le sillage de la Lola Aston Martin du Charouz Racing. « Sans la présence de la Charouz, j'aurai pu améliorer ma pole d'une seconde » faisait remarquer Sarrazin.
Audi plus proche
Alan McNish, sur l'Audi R10, ne pouvait que constater cette domination de la 908. L'Ecossais ne s'en faisait pas une montagne. Audi a pris l'habitude d'être relégué au second rôle en qualifications et préfère se concentrer sur la course. « Peugeot a toujours un temps d'avance sur la performance pure mais je pense qu'ici à Spa, nous ne serons pas loin » confiait Alexandre Prémat. « Nos moteurs TDI consomment un peu moins, on a une chance » complétait McNish.
En Belgique plus qu'ailleurs, la montée en puissance d'Audi (en vue du Mans) est perceptible. Les prototypes allemands profitent de quelques améliorations notamment au niveau de l'aérodynamique. L'aileron arrière a reçu une deuxième lame. « Désormais, la voiture est beaucoup plus stable du train arrière. Auparavant, c'était un handicap. Nous l'avons testé au Castellet la semaine dernière lors de nos essais sur 30 heures. À Monza, cet apport nous aurait bien aidés » précisait Prémat, plus loquace sur le sujet que McNish et le Dr Ullrich. « Nous avons décidé d'utiliser cette pièce qui a été élaborée durant l'hiver et validée au Castellet. On a voulu rouler avec car elle sera présente au Mans » confiait Ullrich, qui concédait que l'Audi R10 était en « fin de vie ». « C'est sa 3e année de course. Chaque année, le volant d'améliorations possibles se réduit. On ne peut que jouer sur des détails à présent. On ne fera plus de grosses avancées. »
Audi semble songer à demain. Cela s'entend dans les paroles du Dr Ullrich. Pourtant, rien n'est décidé du côté d'Ingolstadt. Les 24 Heures du Mans, prévues dans un mois, conditionneront beaucoup de décisions Outre-Rhin.
En attendant, la bataille des Ardennes entre Peugeot et Audi s'annonce particulièrement chaude. Un succès à Spa positionnerait le vainqueur sur la meilleure des orbites avant Le Mans. Cela n'aura échappé ni aux Français, ni aux Allemands, en particulier à McNish, « ce serait bien de gagner la dernière course avant Le Mans, pour le moral de toute l'équipe » ponctuait l'Ecossais.
Stéphane BOIS
Résultats des qualifications. LMP 1 : 1. Peugeot 908 n°8 (Sarrazin) 1'58''069 ; 2. Audi R10 n°1 (McNish) 1'58''705 ; 3. Peugeot 908 n°7 (Gene) 1'58''787 ; 4. Audi R10 n°2 (Rockenfeller) 2'00''796 ; 5. Lola Aston Martin (Mucke) 2'02''510 ; 6. Pescarolo n°16 (Bouillon) 2'02''510 ; 7. Pescarolo n°17 (Tinseau) 2'05''201 ; 8. Rollcentre (Barbosa) 2'05''918 ; 9. Creation (Kerr) 2'06''062 ; 10. Epsilon Euskadi (Burgueno) 2'07''051.
LMP 2 : 1. Porsche RS Spyder n°34 (Verstappen) 2'05''841 ; 2. Speedy Racing (Belicchi) 2'05''880 ; 3. RML (Erdos) 2'07''539 ; 4. Embassy Racing n°46 (Foster) 2'08''047 ; 5. Quifel ASM Team (Pla) 2'08''224.
GT 1 : 1. Aston Martin (Garcia) 2'16''074 ; 2. Corvette C6R n°72 (Moreau) 2'16''797 ; 3. Lamborghini (Kox) 2'17''021.
GT 2 : 1. Ferrari F430 n°96 (Bruni) 2'21''205 ; 2. Porsche 997 GT3 n°77 (Lieb) 2'21''361 ; 3. Porsche 997 GT3 n°76 (Lietz) 2'22''332.
Retrouvez notre galerie photo des 1000 km de Spa sur le site www.ouest-france.fr
