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Des premiers enseignements prometteurs |
Essais officiels Le Mans Series au Castellet. Audi et ses R10 ont fait une belle démonstration au milieu d'un plateau particulièrement fourni.
LE CASTELLET (de notre envoyé spécial). Un peu air de printemps flottait sur le circuit du Castellet durant ces deux jours d'essais officiels Le Mans Series. Un rendez-vous traditionnel qui marque le coup d'envoi de la saison d'endurance où bon nombres d'équipes en profitent pour peaufiner leurs différents réglages en vue de la compétition, la vraie, qui débutera dans un mois sur le circuit de Barcelone.
Une occasion privilégiée de faire un passage en revue de toutes les forces en présence, dans un contexte, toutefois, très particuliers de tests pour lesquels il demeure toujours hasardeux de tirer des conclusions. C'est encore plus vrai lorsque l'un des acteurs principaux, Peugeot, a préféré prendre d'autres voies pour préparer ses 908 HDI. Ces deux jours dans le Var fournissent néanmoins quelques données intéressantes. Audi n'a pas joué dans la demi-mesure. Les Allemands se sont offert le luxe de ne tourner qu'une journée et d'écraser la concurrence sans donner l'impression de forcer. Le diesel a de beaux jours devant lui et les tenants de l'essence, malgré les ajustements initiés par l'ACO, devront toujours se contenter d'écouter à l'arrière-plan le sifflement du TDI Audi ou bien du HDI de Peugeot.
Soucis chez Pescarolo et Oreca
Ce n'est en rien une nouveauté. En LMP1, il se dessine un match dans le match entre d'un côté le diesel et de l'autre les voitures essence. Dans cette dernière catégorie, Pescarolo qui a été longtemps un fer de lance devra composer avec une concurrence de choix. Au Castellet, la Création, « qui a sans doute bénéficier de pneus très tendres de Dunlop » dixit Pescarolo, est apparu dans le bon tempo tout comme les Courage du team Oreca Matmut, qui attend beaucoup de sa nouvelle aéro prévue pour Barcelone. « Le test est plutôt positif puisque nous n'avons pas rencontré de problème majeur : nous avons connu des incidents uniquement sur des pièces sérieusement éprouvées. Le test d'endurance nous a permis d'apprendre sur des détails : des pièces à modifier, des évolutions à prévoir. La carrosserie actuelle n'est pas faite pour intervenir rapidement. Cela sera radicalement différent avec la nouvelle aéro. »
Des évolutions très attendues mais qui vont peut-être tardées car Oreca, tout comme Pescarolo, est en proie à des problèmes d'approvisionnement. « On essaie actuellement de gérer une situation de crise suite au plantage de nos fournisseurs italiens. Nous avons de gros soucis pour obtenir dans les délais des pièces en carbone. C'est difficile pour moi de dire du mal des Italiens mais là nous subissons de plein fouet le rachat de Catimi par Dallara. Les Italiens ont privilégié Dallara sans nous en informer et pour le moment, j'opère une gymnastique pour récupérer les moules et trouver des entreprises françaises capable de répondre à ma demande. Au moins, j'aurai une voiture plus «made in France» » se console Pesca, qui au Castellet s'est évertué à travailler sur des temps partiels pour tenter de définir les meilleures solutions aéro pour les différents circuits fréquentés durant la saison. « Nous aurons quand même nos 4 voitures en Espagne mais nous serons un peu court en pièces détachées. »
Pour les LMP1 version essence, la concurrence pourrait venir des Porsche RS Spyder notamment celle des Hollandais de Van Merksteijn, très véloce, dans le Var. En GT1, la Saleen de Larbre compétition s'est montrée la plus rapide et en GT2, la Porsche n° 76 de l'IMSA Performance a réalisé le meilleur temps. Des chronos qui, en soit, ne veulent pas forcément dire grand-chose mais qui laissent entrevoir de furieuses batailles dans un peloton qui n'a jamais été aussi fourni.
Stéphane BOIS.
